Robert Dutrisac, Le Devoir, 21 janvier 2012
Hydro-Québec a fait volte-face et assurera, pour une première fois, la présence du français au congrès de CIGRE Canada qui devait se dérouler à Montréal entièrement en anglais.
À la suite de la publication de l'article, le cabinet de la ministre des Communications et de la Culture, Christine St-Pierre, responsable de l'application de la Charte de la langue française, a demandé des explications à Hydro-Québec. En outre, le physicien Pierre Demers, président de la Ligue internationale des scientifiques pour l'usage de la langue française (LISULF), a déploré la situation. Il a souligné hier que paradoxalement, Hydro-Québec fut la première société à devenir membre de la LISULF sous l'impulsion de Lionel Boulet, le concepteur de l'IREQ et son directeur pendant 15 ans. Mais aujourd'hui, cette ligue, fondée en 1979, compte très peu membres et doit s'appuyer sur d'autres organismes de défense de la langue française.
Encore une fois, ce sont des miettes que lance discrètement le gouvernement de Jean Charest en pâture pour calmer la grogne populaire montante au Québec suscitée par l’anglicisation. On a appris hier que la RAMQ continuera à octroyer automatiquement un code de langue stipulant que toute communication avec un immigrant allophone se fera désormais en langue anglaise s’il s'adresse en anglais à un agent de la Régie de l’assurance-maladie du Québec (RAMQ), mais les modalités changeront légèrement.
En ce moment, le code s’applique automatiquement pour la vie durant. Avec la nouvelle mesure, au bout d'un an, la langue des communications va passer au français, à moins d'une demande contraire, dans quel cas le service sera tout de même donné en anglais pour le reste de sa vie, car pour la ministre responsable de la langue, Christine Saint-Pierre, il s’agit d’un droit qui leur est garanti. Cette affirmation est complètement farfelue en vertu de la Charte de la langue française, il n’existe aucun droit pour un immigrant allophone d’être servi en anglais, et pas davantage en vertu de la loi fédérale sur les langues officielles.
Reportage de RDI sur mesure annoncée par la ministre libérale Saint-Pierre
Texte de Mario Beaulieu paru dans Le Devoir, 18 novembre 2011
La Caisse de dépôt et placement du Québec choisissait récemment deux unilingues anglophones pour occuper de hautes fonctions au sein de l'organisme, contrairement à ce qu'exige la Charte de la langue française. Le premier vice-président de la Caisse a bien sûr prétendu que ce n'était là qu'une «situation d'exception», mais de tels agissements sont devenus monnaie courante dans l'administration publique québécoise. Rien d'étonnant quand on constate qu'une récente étude de l'Institut de recherche en économie démontre qu'il y a 13,9 % des emplois publics au Québec dont la langue de travail est principalement l'anglais (sans compter les emplois bilingues où l'anglais est régulièrement utilisé), alors que les Anglo-Québécois comptent pour 8,7 % de la population en âge de travailler. Cette situation qui prévaut à la Caisse de dépôt n'est en fait que la partie visible de l'iceberg et nullement une exception comme certains seraient tentés de faire croire.
Article de Vincent Brousseau-Pouliot et Francis Vailles paru dans le site de La Presse du 25 novembre 2011.
Le grand patron de la Banque Nationale, Louis Vachon, ne demandera pas la démission du responsable des technologies de l'information (TI), John Cieslak. «Il va rester à l'embauche. Je ne ferai pas non plus de chasse à l'Anglais à la banque», a dit à La Presse Louis Vachon, président et chef de la direction de la plus grande banque du Québec.

John B. Cieslak a été embauché comme premier vice-président des technologies de l'information en 2007.
Il est anglophone unilingue. La banque l'obligera-t-elle à suivre des cours de français? «Je vais en discuter avec lui», a dit M. Vachon.
Article de Charles Castonguay paru dans L'Aut'journal le 25 novembre 2011.
Au gré de l’actualité linguistique, une phrase revient souvent trotter dans ma tête d’anglophone (du moins selon ma langue maternelle) : « Lord Durham Is Alive and Well and Living in Ottawa ».
Lord Durham se porte à merveille et vit à Ottawa. J’en suis venu à voir ainsi la politique linguistique canadienne. Comme une mise en œuvre de l’assimilation à petit feu que recommandait le bon lord.
Cette perception des choses dérange. Déplaît, même. Mais comment voir autrement, par exemple, les récentes nominations d’unilingues anglais à des postes clés par lord Harper?

Fort de sa foi suprémaciste, Durham prétendait, en les anglicisant, affranchir les Français du Canada de leur condition de misérables ignorants de sorte qu’ils puissent, eux aussi, bénéficier des avantages de la civilisation anglo-saxonne. Harper fait preuve d’une semblable bienveillance envers les indigènes, en les dotant de haut-placés unilingues d’une compétence sans pareille.
Dans son livre Sorry, I Don’t Speak French, Graham Fraser, aujourd’hui Commissaire aux langues officielles, présentait comme un net progrès le fait qu’un candidat à la chefferie d’un parti politique fédéral se doive maintenant d’être bilingue. Avec Harper, on voit combien cela peut n’être que façade.
Article de Guillaume Bourgault-Côté paru dans Le Devoir du 24 novembre 2011.
Ils parlent français, mais ne l'affichent pas sur leur site Web personnel. De la quinzaine de ministres du cabinet Harper qui peuvent être considérés comme étant bilingues ou capables de parler la deuxième langue officielle, seuls James Moore, Maxime Bernier, Christian Paradis et Bernard Valcourt ont des sites personnels offerts dans les deux langues officielles.
Chronique de Denise Bombardier parue dans le quotidien Le Devoir du 19 novembre 2011.
Article paru dans le site de Radio-Canada le 16 novembre 2011.
Au retour de sa période d'immersion, M. Smith, qui n'a pas réussi à maîtriser le français malgré le fait qu'il vit à Montréal depuis 11 ans, délaisserait en outre la gestion des ressources humaines pour se concentrer sur la gestion immobilière.

Le président de l'exploitation d'Ivanhoé Cambridge, Kim McInnes, devra pour sa part suivre un cours de français intensif d'une durée de trois mois.
Blogue de Sophie Cousineau paru dans le site Internet de La Presse du 15 novembre 2011.
On peut comprendre que la Caisse veuille aller chercher des dirigeants de l’extérieur qui ont une expertise pointue et reconnue, même si ceux-ci ne parlent pas le français. Et il est dans l’ordre des choses que ces dirigeants se mettent au français à leur arrivée en poste. Il n’y a pas de quoi en faire un plat.

Article d'André Dubuc et Francis Vaille paru dans La Presse du 16 novembre 2011.
Par ailleurs, La Presse a appris que c'est en anglais que Pierre Lefebvre et Martine Drolet ont dû négocier leurs conditions de départ. «Nous avons reconnu que David Smith ne parle pas bien français. Alors si c'est lui qui s'est occupé des négociations de départ, c'est certain qu'elles se sont déroulées en anglais», explique le porte-parole de la Caisse, Denis Couture.

Article de Sophie Cousineau paru dans La Presse du 16 novembre 2011.
Dans les circonstances, il est impossible, pour leurs subalternes ou pour toute personne qui doit traiter avec eux, de discuter en français. Ils doivent forcément passer à l'anglais, comme cela se voit trop souvent dans la finance montréalaise. À moins d'échanger par l'entremise d'un subalterne bilingue, avec tous les risques associés à ce téléphone arabe.
Légalement, cette filiale de la Caisse n'est pas considérée comme une administration publique, où la connaissance du français est une condition d'embauche.
Le député de Drummond et porte-parole de l'opposition officielle en matière de langue et d'immigration, Yves-François Blanchet, s'insurge contre la politique du laisser-faire et l'indifférence complaisante du gouvernement libéral et de la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre.
« Les services gouvernementaux anglicisent le Québec aux frais de toutes les régions, il faut que ça change! »
Ci-après, vous trouverez le texte d'opinion de Mario Beaulieu, président du Mouvement Québec français, et de Lucie Martineau, présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, concernant l'étude de l'Institut de recherche en Économie contemporaine (IRÉC) pour l'Institut de recherche sur le français en Amérique (IRFA), étude qui fait la démonstration que nos gouvernements dépensent 2,2 milliards $ de trop pour offrir des services en anglais au Québec.
Récent rapport de recherche de l'IRÉC paru le 7 novembre 2011.
Le président de l’Institut de recherche sur le français en Amérique (IRFA), Patrick Sabourin, annonce aujourd’hui les résultats d’une étude inédite sur la langue de travail dans les services publics au Québec et dans les autres provinces canadiennes.
Chronique de Joseph Facal paru dans le Journal de Montréal le 7 novembre 2011.
Pour les anglophones et les allophones, la seule et unique nation est la nation canadienne et les francophones du Québec sont une minorité ethnique au même titre que les Italo-Canadiens de Toronto.
Quand on a adopté la motion nous octroyant le qualificatif de «nation», on s'est assuré qu'elle n'aurait aucune portée concrète. L'idée était de grappiller quelques votes au Québec.
Article de Radio-Canada paru le 4 novembre 2011.
« C'est le travail de chaque jour qui va se faire de plus en plus en anglais, ce qui implique qu'il va de moins en moins intégrer les valeurs, les jugements, les éléments des communautés francophones, ou des députés francophones », argue-t-il.
Éditorial d'André Pratte paru dans La Presse du 3 novembre 2011.
Pour ce qui est du poste de Vérificateur général, le gouvernement Harper soutient que malgré son unilinguisme, Michael Ferguson était le plus qualifié des candidats. La description du poste soulignait pourtant que «la maîtrise des deux langues officielles est essentielle». Que serait-il arrivé si le candidat le plus qualifié sous tous les autres aspects avait été un unilingue francophone? La réponse est évidente.
Chronique de Christian Dufour paru dans le Journal de Montréal le 2 novembre 2011.
Révolution technologique et mondialisation aidant, le bilinguisme individuel est en progression graduelle chez les francophones. C'est une chose positive à laquelle on s'adaptera. Mais vouloir bilinguiser rapidement l'ensemble d'une population francophone déjà très bilingue, sans tenir compte des conséquences inévitables sur la motivation des anglophones et des immigrants à apprendre le français, est fou raide.
Article paru dans le site de Radio-Canada du 2 novembre 2011.
M. Rouselle rappelle que la Cour Suprême a déjà reconnu, dans une autre cause, l'égalité réelle du français et de l'anglais au Canada. Ce qui signifie, à son avis, que l'on est en droit, non seulement d'utiliser le français ou l'anglais devant les tribunaux, mais d'y être aussi compris directement.
Chronique de Sophie Durocher parue dans le Journal de Montréal du 28 octobre 2011.
Vous êtes choqué par la nomination d'un juge unilingue anglais à la Cour suprême ? Le choix d'un vérificateur général qui ne maîtrise pas le français vous irrite? Mais saviez-vous qu'il y a aussi un unilingue anglophone comme président du Conseil des arts du Canada ?
En effet, Joseph L. Rotman, un homme d'affaires philanthrope de Toronto, préside depuis juillet 2008 le plus gros portefeuille de financement de la culture au Canada.
Éditorial de Marie-Andrée Chouinard paru dans Le Devoir du 30 octobre 2011.
Si l'on pouvait suivre à la lettre l'esprit de la Loi sur les langues officielles, comme en rêve le gardien du bilinguisme Graham Fraser, le titre qui coiffe ce texte n'aurait rien d'incongru, ni non plus de choquant. Il serait convenu, compris, assumé et accepté que Michael Ferguson n'a pas dans sa feuille de route les compétences nécessaires pour accéder au titre de vérificateur général du Canada. Unilingue? Alors incompétent.
Article de Guillaume Bourgault-Côté paru dans Le Devoir du 29 octobre 2011.
Il y a eu Angelo Persichilli, nouveau directeur des communications de Stephen Harper. Puis Michael Moldaver, nouveau juge à la Cour suprême. Et cette semaine: Michael Ferguson, nouveau vérificateur général. Trois postes-clés, trois unilingues anglophones. Et beaucoup de doutes quant à la volonté des conservateurs de promouvoir les deux langues officielles.
Article de Martin Croteau paru dans le site Internet de La Presse du 26 octobre 2011.
La grogne prend de l'ampleur contre la nomination d'un unilingue anglophone au poste de vérificateur général du Canada. Le Parti libéral a annoncé mercredi qu'il votera contre l'embauche de Michael Ferguson, joignant ainsi sa voix au NPD et au Bloc québécois.
Article de la Presse canadienne paru dans le site de Radio-Canada le 26 octobre 2011.
L'Assemblée nationale condamne à l'unanimité la nomination de Michael Ferguson, un unilingue anglophone, au poste de vérificateur général du Canada.
La motion déposée par le député adéquiste François Bonnardel a été adoptée sans débat mercredi avec l'appui de tous les parlementaires. Elle demande au nouveau vérificateur nommé par Stephen Harper d'apprendre le français le plus rapidement possible.
Article de Marie Vastel paru dans Le Devoir le 26 octobre 2011.
En nommant un unilingue anglophone comme nouveau vérificateur général du Canada, le gouvernement de Stephen Harper a démontré son «mépris» pour la Loi sur les langues officielles et brimé ses propres critères de sélection pour ce prestigieux poste de chien de garde du gouvernement, ont dénoncé hier les partis d'opposition.
Texte de Georges A. leBel paru dans Le Devoir du 20 octobre 2011.
Ensuite, cela signifie que tous les juristes québécois qui écrivent en français, quelle que soit leur spécialité, peuvent faire leur deuil d'être même entendu par la Cour suprême, qui ne les lit déjà pas beaucoup. Oublions donc l'efficacité de la doctrine francophone au Canada et l'utilité pratique des revues de droit.
Article de Manon Cornellier paru dans Le Devoir du 19 octobre 2011.
"Il suffit qu'un juge soit incapable de comprendre l'autre langue officielle (toujours le français)pour que les réunions entre juges se déroulent en anglais et, quand le temps presse, pour que les ébauches de décision échangées entre magistrats soient rédigées en anglais."
Éditorial de Josée Boileau paru dans Le Devoir du 18 octobre 2011.
Au Canada, les nominations à la Cour suprême suivent toujours leur cours mystérieux. C'est par la rumeur que circulent les noms de candidats présumés, et les nominations, annoncées sans préavis, relèvent au final d'un choix gouvernemental. À quand plus de transparence?
Article de la Presse Canadienne paru dans Le Devoir du 18 octobre 2011.
«C’est une question d’égalité de tous devant la loi, de respect de la Constitution, qui prévoit que le français et l’anglais sont des langues égales», a plaidé en entrevue Me Claude Provencher, directeur général du Barreau du Québec.
Article de La Presse Canadienne paru dans le site du Devoir le 18 octobre 2011.
En déposant son rapport annuel aujourd'hui, M. Fraser a fait part de ses craintes quant aux coupes annoncées du gouvernement, s’inquiétant qu’elles aient une incidence négative sur les communautés anglophones du Québec, de même que sur les communautés francophones du reste du pays.
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