Pour une nouvelle Loi 101
Assurer l’avenir du français dans un Québec inclusif
Le statut de langue commune et officielle pour le français est essentiel à l’inclusion de tous les citoyens du Québec dans un espace public commun. C’est la condition première pour assurer l’avenir du français au Québec, seul État francophone de l’Amérique du Nord, et pour contribuer à la défense de la diversité culturelle dans la mondialisation. Assurer l’épanouissement et l’avenir de la culture et de la langue nationale est un droit fondamental du peuple québécois.
Des lois linguistiques existent partout au monde, dans plus de 190 États et 110 pays. Dans la plupart, les mesures d’aménagement linguistique sont basées sur le principe de territorialité: c’est-à-dire que, sur un territoire donné, les institutions publiques fonctionnent dans une seule langue. D’entrée de jeu, il importe de distinguer l’apprentissage des langues secondes du bilinguisme institutionnel; ces deux concepts sont souvent confondus. Le bilinguisme institutionnel prétend faire fonctionner les institutions dans deux langues. Il favorise inexorablement l’assimilation progressive des locuteurs des langues minoritaires dans un contexte de bilinguisme inégalitaire, comme celui dans lequel les francophones évoluent en Amérique.
La Charte de la langue française, ou Loi 101, n’a pas été conçue contre le bilinguisme individuel, mais contre le bilinguisme institutionnel. Elle visait à faire du français non pas une langue officielle, mais plutôt la seule langue officielle du Québec. C’est avant tout dans les régions linguistiquement mixtes, telles Montréal et l’Outaouais, qu’il est vital que le français soit la langue publique commune, car c’est là que se produit l’essentiel des transferts linguistiques vers l’anglais au Québec.