Christian Rioux, Le Devoir, 17 février 2012
Cette semaine, j'écoutais la ministre de l'Éducation du Québec, Line Beauchamp, défendre son projet d'enseignement intensif de l'anglais en sixième année. «Je pense qu'on amène du changement», disait-elle avant d'ajouter qu'elle trouvait «légitime de vouloir être fonctionnel [functional] dans une deuxième langue». La ministre n'en avait probablement pas conscience, mais en prononçant cette dernière phrase, elle utilisait un anglicisme.[...]
Il n'est évidemment pas question de tenir rigueur à Mme Beauchamp d'une telle peccadille. Mais, cela m'incite à penser que notre ministre devrait y réfléchir à deux fois avant de s'engager plus à fond dans une réforme dont la nécessité n'a jamais été vraiment démontrée. Près d'un Québécois sur deux est déjà bilingue et toutes les études montrent que ce taux progresse sans qu'on ait le moindre effort à faire! Avons-nous conscience que l'anglais est sur le point de devenir, et de loin, la matière la plus importante du dernier cycle du primaire, loin devant le français, les mathématiques ou l'histoire? Avant de commettre l'irréparable, je suggérerais à la ministre de lire le livre que vient tout juste de publier à Paris le linguiste Claude Hagège et qui s'intitule Contre la pensée unique (Odile Jacob).
Il y a plusieurs années, j'avais interviewé ce fervent défenseur du multilinguisme et de l'enseignement des langues secondes au primaire. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que, s'agissant de l'anglais au Québec, ce polyglotte de plus de 70 ans estimait que le bilinguisme précoce était une aberration dans un pays où «l'évolution naturelle mène déjà à l'anglicisation».
Hagège affirmait que, chez les élèves les plus faibles et les immigrants, un enseignement trop tôt ou trop intensif de l'anglais risquait de développer «une double incompétence linguistique», amenant ainsi ces enfants à être «doublement marginaux». J'ose à peine imaginer ce qu'il dirait du projet mur à mur de Line Beauchamp qui, en plus de parachuter dans un univers anglophone des enfants déjà largement exposés à l'anglais dans leur voisinage, sinon à la télévision, par la culture pop et sur Internet, veut les priver de cours de français pendant la moitié de l'année.[...]
Car, à qui fera-t-on croire que l'on peut faire en cinq mois le programme scolaire d'une année? La ministre ressemble à ces politiciens qui promettent l'équilibre fiscal, mais n'osent pas avouer dans quels services ils vont couper.
N'ayons pas peur de le dire. À cause de la situation précaire du Québec en Amérique du Nord, la langue des enfants de 6e est souvent incertaine et approximative. [...] Une langue dont l'esprit s'est envolé. Ceux qui en veulent un exemple n'ont qu'à lire les torchons, écrits dans une langue abâtardie évidemment traduite de l'anglais, que le club Le Canadien distribue impunément dans nos écoles.
Cette réforme est éminemment symptomatique de la fatigue culturelle des Québécois. Faire de l'anglais la matière unique de ce moment charnière entre le primaire et le secondaire, c'est indiquer sans détour que les «vraies affaires», celles des adultes «fonctionnels», se font et se feront en anglais.
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Les libéraux ne doivent pas être réélu
La prochaine élection sera très importante pour nous francophones. Si nous voulons que le français survive, il ne faut surtout pas réélire ce parti anti-francophone.
Quand est-ce que l'on voit ce gouvernement anglophone du Québec se soucier de la mauvaise qualité du français utilisée par la jeune génération? JAMAIS. Mais là il s'apprête à enlever l'enseignement du français durant la moitié de l'année. Imaginez le massacre.
Il est clair que ce gouvernement vise, sans le dire, que l'on devienne tous anglophone et que les Québécois puissent vivre en anglais dans la vie de tous les jours. Ensuite, finis les films traduit, finies les chansons en français (déjà qu'elles sont inexistantes dans la place publique), fini le français au travail et finie la loi 101. Ils vont ensuite sabrer dans les cours de francisation car tout le monde aura viré en anglais.
Si on les laisse continuer, nous deviendrons une 2e Louisianne en très peu de temps. La priorité des libéraux, c'est l'ANGLAIS et juste l'ANGLAIS. Le français n'est que du folchlore sans grande valeur à leurs yeux. Mais mêmes les autres matières comme les mathématiques, l'histoire sont moins importantes que l'anglais à leurs yeux puisqu'une moitié d'année sera consacrée exclusivement à les angliciser au maximum.