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Forum : Extraits du livre de Christian Dufour : Les Québécois et l’anglais, le retour du mouton

p. 17 : « ce qui est en jeu ici, c’est la volonté des francophones de continuer à imposer collectivement et individuellement leur langue dans le contexte inédit de la mondialisation. S’ils ne sont pas capables de donner un franc coup de barre à cet effet, je ne vois pas comment le français au Québec pourrait avoir véritablement de l’avenir. »

p. 22 : « En tout premier lieu, on pense à ceux que l’on entend répondre en mauvais anglais à des Québécois issus de l’immigration qui s’étaient pourtant adressés à eux en français. »

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J’ai assisté à la conférence de Christian Dufour le 13 novembre dernier dans le cadre des Jeudis de la langue du MMF et je viens de terminer la lecture du livre.

Ce livre devrait être lu par tous les 125 députés de l’Assemblée nationale et les 75 députés du Québec à Ottawa ainsi que par ceux et celles qui ont à cœur l’avenir du français à Montréal.

Voici quelques extraits qui devraient vous inciter à lire ce livre :

p. 16 : « Cependant, le travail de recherche que j’ai effectué pour ce livre m’a amené à changer d’avis sur un point important : on ne saurait par principe se limiter aux seules mesures incitatives pour promouvoir un français qui apparaît, en 2008, dans une situation plus fragile que la majorité des francophones ne le croient. »

p. 17 : « ce qui est en jeu ici, c’est la volonté des francophones de continuer à imposer collectivement et individuellement leur langue dans le contexte inédit de la mondialisation. S’ils ne sont pas capables de donner un franc coup de barre à cet effet, je ne vois pas comment le français au Québec pourrait avoir véritablement de l’avenir. »

p. 18 « c’est la règle de la claire prédominance du français sans exclusion d’un anglais dont la présence n’est pas obligatoire qui permettra de gérer de façon efficace et renouvelée notre vieille relation avec l’anglais et ce qu’il représente au plan identitaire. »

p. 19 : « Le livre n’adhère pas à un certain jovialisme ambiant qui voudrait faire croire que tout va bien dans le meilleur des mondes, un sentiment superficiel parce que contredit par les tendances lourdes de notre démographie, de notre système politique et de notre histoire. »

p. 20 : « Ceux qui connaissent les autres identités et les autres cultures, y compris les plus avancées, savent qu’en comparaison l’identité québécoise s’avère la plupart du temps plus ouverte, plus permissive et plus tolérante. »

p. 22 : « En tout premier lieu, on pense à ceux que l’on entend répondre en mauvais anglais à des Québécois issus de l’immigration qui s’étaient pourtant adressés à eux en français. »

p. 23 : « Qui n’a pas entendu des immigrants à qui on a imposé le français se plaindre que cette langue apprise à force de temps, d’énergie et d’argent ne leur sert pas à grand-chose puisqu’ils se font souvent répondre en anglais quand ils s’adressent à des francophones dans leur langue. »

p. 24 : « Car si le mouton canadien-français semble de retour, la situation apparaît tout particulièrement inquiétante chez certains membres de la jeune génération. »

p. 26 : « Fait intéressant, ce sont les enfants de la Loi 101, c’est-à-dire les enfants d’immigrants récents qui ont été scolarisés en français, qui figurent parfois parmi les plus fervents défenseurs du français en tant que langue d’usage public. »

p. 27 : « Pire, « plusieurs francophones ont tendance à opter pour l’anglais lorsqu’ils entendent un accent qui n’est pas typiquement québécois7. »

p. 32 : « Et il y a ces autres compagnies contrôlées par des francophones – la Banque Nationale du Canada parmi cent autres – qui insèrent d’interminables publicités bilingues dans les messages d’attente que doit supporter un appelant qui a pourtant indiqué dès le départ (« appuyez sur le 1 ») qu’il est francophone. »

p. 46 : « Les petits pays toujours cités en exemple (NDLR. Pour leur niveau élevé de connaissance individuelle de l’anglais comme langue seconde) se situent tous en Europe, un continent de 450 millions de personnes dont les caractéristiques fondamentales aux plans linguistique et culturel n’ont rien à voir avec la dynamique nord-américaine. »

p. 49 : « Le pourcentage de francophones au Canada est en systématique régression. En 2006, il se situait autour du cinquième de la population canadienne, alors qu’un Canadien sur quatre était francophone en 1971, et que plus d’un sur trois l’était à l’époque de la Confédération en 1867. »

p. 60 : « En tout cas, le message était clair comme de l’eau de roche : pour la Commission Bouchard-Taylor, l’ouverture au monde, c’était essentiellement l’ouverture à l’anglais. »

p. 61 : « Tout d’abord, le jour où tous les Québécois parleraient bien l’anglais, il n’existerait plus de réelle motivation pour apprendre le français chez la grande majorité des non-francophones, y compris les immigrants. »

p. 82 : « C’est pourquoi il importe de faire de la claire prédominance du français, sans exclusion d’un anglais qui n’est pas obligatoire, une « institution » du Québec de demain.

p. 85 : « Même martelée mille fois par M. Harper, la reconnaissance que les Québécois forment une nation ne comporte en elle-même aucun pouvoir particulier pour le Québec, y compris dans le domaine linguistique. »

p.100 et 101 : « Si les francophones ne veulent pas se faire manger tout rond dans cette nouvelle relation avec l’anglais, certains d’entre eux devront modifier leur attitude et adopter un comportement résolument majoritaire – mes excuses à messieurs Taylor et Bouchard pour l’emploi d’un adjectif aussi peu inclusif!

p. 114 : « Il est révélateur de l’attitude nonchalante du gouvernement québécois en matière linguistique qu’un an après l’abdication inacceptable de son rôle la présidente de l’OQLF soit toujours en fonction. »

p. 119 : « Faut-il rappeler que la situation a commencé à changer en ce qui a trait à l’anglicisation des immigrants lorsque l’on s’est résolus à imposer l’école française aux non-anglophones dans les années 1970? »

p. 119 : « Dans le même esprit, sans nécessairement adhérer à leurs analyses ni donner suite à toutes leurs demandes, il importe d’arrêter de stigmatiser les soi-disant « purs et durs » de la langue, qui prêchent l’action. »

p. 120 : « Le message clair à envoyer à tout le monde - fonctionnaire inclus – est que les services de l’administration publique québécoise sont dispensés en français aux entreprises et aux individus, les services en anglais n’étant disponibles sur demande qu’aux citoyens scolarisés en anglais au Canada, de même qu’aux entreprises et ressortissants étrangers. »

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